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Le Blog des Citoyens Alternatifs revient ! L'objectif du site sera désormais de se tourner vers l'extérieur. D'avoir ces infos qui donnent espoir, ces infos positives, ces belles initiatives qui sont bien souvent sous-médiatisées. Un regard vers le monde, qui invite chaque citoyen alternatif des quatre coins de la planète ou de nos régions à contribuer, ou communiquer. Vous pouvez donc commenter et surtout nous envoyer vos articles à l'adresse citoyens-alternatifs@hotmail.fr. Bienvenue dans cet espace de liberté. Belle lecture !

Doit-on aimer Macron pour détester Le Pen ?

Publié le 2 Mai 2017 par Ben in Politique

J’ai bien compris que le vote macron ne sera pas un vote d’approbation pour beaucoup. Mais doit-on aimer Macron pour détester Le Pen ?

 

Nous sommes au pied du mur. Face à l’histoire. Ne reculons pas, n’ayons pas peur d’affronter le FN !

 

Tout vote ailleurs n’ira pas vers la peste brune déguisée en grande blonde aux chaussures. Tout vote pour un autre candidat évitera une nouvelle honte à notre pays. Et cet autre candidat, c’est un fait, c’est Emmanuel Macron que ses opposants auront le temps de combattre après. Cela aurait été Fillon et son image désastreuse, le combat aurait été encore plus dur mais exactement le même.

 

Comment raconter à ses enfants, neveux et nièces, quand ils découvriront dans un livre d’histoire de collège un raz de marée de l’extrême droite en 2017. Que c’était un jour où l’on n’avait pas trop envie de voter, par flemme d’aller faire procuration, par opposition idéologique à l’adversaire, ou simple démotivation de se rendre dans l’isoloir. Comment pourrions-nous assumer un tel désaveu ? Comment pourrions-nous favoriser une victoire éventuelle du FN, pensant que le vote utile est le vote blanc et l’abstention ? Comment pourrions-nous justifier que le combat et la lutte sociale passait par une chance laissée au néo-fascisme ?


Chacun de nous pèse démocratiquement autant que ces perdus, victimes du bourrage de crâne des faits divers, de la factice invasion de l’étranger, tentés par un vote sanction, un vote qui nous amènerait droit dans un désastre. Aujourd’hui, l’argument qui prévaut chez beaucoup de nouveaux électeurs Bleu Marine réside en la phrase « On a tout essayé, alors pourquoi pas le FN ? ». J’attends de ces gens aux moeurs traditionnelles qu’ils se laissent tenter par l’homosexualité quand leur couple vacille. Mais non, grand dieu, cela porterait préjudice à leurs principes.

 

Pour beaucoup d’entre nous, nos principes sont républicains. Notre histoire est l’histoire de France. Ne nous laissons pas embrigader dans de sombres théories qui voudraient nous faire croire que la France est un pays de race blanche (coucou Nadine). Relisons l’histoire de notre si beau pays, et résistons.

 

Marine Le Pen s’adresse habilement aux policiers, militaires, et petits représentants du peuple, bafoués par les politiques d’austérité de ces dernières années. Elle fait un constat assez juste concernant bon nombre de sujets. Le diagnostic est bon, mais l’ordonnance mal rédigée, et les médicaments prescrits mortels.

 

Qui, aujourd’hui, est pour la directive des travailleurs détachés ? Cette loi qui permet à un soudeur polonais d’être employé sur nos chantiers, sans que l’employeur ait à payer les cotisations sociales de notre pays ? Personne.

 

Il ne faut pas être surpris d’avoir le même constat que les frontistes, sur certains sujets, être d’accord avec ce que Marine dit, ne pas être ni idéologue, ni sectaire. Mais sur les solutions apportées, il faut se lever frontalement face à la préférence nationale. Cette préférence qui a entraîné le dépôt forcé d’étoiles jaunes sur les vitrines des boutiques de Varsovie en 1933.

 

Elle a cette fâcheuse tendance de nous monter les uns contre les autres, de mettre de la haine, là où il pourrait y avoir de l’amour. Elle prend de suite le parti des policiers victimes des « racailles ». Or, certains policiers, l’actualité nous l’a prouvé, pouvaient aussi bien être des racailles, et les banlieusards victimes de ces mêmes policiers. Où est la justice dans tout ça ? Mélanger tous les migrants, et nous en faire un bouillon de délinquance, gratteurs d’allocations et mangeurs d’enfants. N’est-ce pas un peu trop ?

 

En quoi les étrangers désirant vivre en France aujourd’hui sont-ils différents de ceux d’hier, dont nous avons côtoyé les enfants dans nos écoles ? En quoi l’étranger d’aujourd’hui serait tenté par un pays où le travail se raréfie ? En quoi serions-nous un eldorado valant le coup de laisser femme et enfant derrière soi, et mettre toutes ses économies dans les mains d’un passeur qui mettra en péril notre propre vie ? Il faut qu’on m’explique.

 

Les traversées des migrants ont provoqué la mort de plus de 45 000 personnes depuis le début des années 2000, selon SOS méditerranée. 450 en deux mois entre janvier et mars 2017. L’année 2016 a  été la plus meurtrière avec plus de 7 000 morts recensés, sans compter les bateaux qui coulent sans témoin. Ne nous voilons pas la face. Des petits garçon comme Aylan, celui de la photo si émouvante pour le monde entier, il y en a des dizaines chaque mois qui crèvent sur nos plages, faute d’accueil, d’hébergement, et de gestion de ces flux migratoires. Sur une seule journée de mars 2017, 3000 migrants ont été secourus. SOS Méditerranée a sorti du piège des eaux 200 mineurs non accompagnés. Oui, vous avez bien lu : 200 mineurs non accompagnés.

 

Dire que la situation est catastrophique ne suffit pas. Agir pour la régler, c’est mieux. Surtout quand on connaît les chiffres annoncés du nombre de réfugiés climatiques à venir dans les prochaines années. 250 millions d’ici 2050 prévient l’ONU (2). Quand on sait que les guerres continuent en raison des politiques occidentales qui favorisent les conflits, et les enjeux économiques et idéologiques cachés derrière.

 

Si vous connaissez les îles grecques, vous savez à quel point, il s’agit de paysages magnifiques. Et bien, ces jolies plages, ces petits villages sont aujourd’hui envahis faute d’assistance internationale digne de ce nom. Dernièrement, on a appris, que des enfants de 9 ans tentaient de se suicider, alors qu’ils attendaient depuis des mois une régularisation, une décision administrative. Ils sont parqués avec tant d’autres, dans des camps en Grèce, et par désespoir, se filment en train de mettre fin à leur jour. (3)

 

J’ai beaucoup entendu le nouveau credo nationaliste, insidieusement avancé ces dernières années : « et nos SDF, alors ? ». Je vais vous le dire : beaucoup de nos SDF meurent du déclassement, dans la rue, mal soignés, aussi bien que nos migrants. Il n’y a aucun favoritisme. Juste des forces en présence, associations en tête, État loin derrière, qui tentent de faire de l’humanitaire dans un pays pourtant classé 5ème puissance mondiale. Sans rappeler à ces idiots utiles de la préférence nationale, que bon nombre de ces Sans Abris sont aussi des étrangers. Bref, la mission est remplie : nous monter les uns contre les autres.

 

D’ailleurs, j’attends que les électeurs de Marine leur ouvrent leurs portes, à ces SDF qu’ils brandissent tels des faire-valoir à leur vote d’extrême droite. Mais force est de constater que dans les rangs de la Croix Rouge qui organise des maraudes dans toute la France, le discours de Marine Le Pen n’a que peu de résonance.


 

Résistons face à la tentation de renverser la table. Résistons face à la facilité de jeter la faute sur l’autre. Et ne nous voilons pas la face. En se penchant envers les programmes cette année, beaucoup ont pu trouver une raison d’aller voter. Des candidats qui vantaient l’écologie et une 6ème république d’un côté, mais aussi l’égalité des chances, d’autres une souveraineté teinté de libéralisme, pendant qu’un autre isolé au centre d’un boulevard, a pris ce qui l’arrangeait à droite et à gauche, et de façon très maligne, a nuancé un peu tout ça pour plaire au plus grand monde. Sans oublier tous les autres candidats qui proposent un projet allant de la lutte des classes aux missions sur Mars, du rural mis en avant à la souveraineté. Bref, tout vote était utile, à partir du moment où il a fait baisser le Front National, bannière derrière laquelle se planquent bon nombre de xénophobes, anciens du GUD, de l’action française, de troisième voie, des jeunesses nationalistes ou du bloc identitaire. De simples recherches dans un moteur de recherche vous glaceront le sang. Ne leur laissons pas entrouverte la porte d’une nation branlante, qui se cherche, sonnée entre un chômage en hausse, une représentation politique vacillante et un terrorisme plus que jamais menaçant.

 

Marine Le Pen n’est pas Donald Trump. Elle ne défend pas le petit travailleur français au mépris de l’étranger. En réalité, elle nous enfume depuis des années et travaille à rendre crédible son parti pour placer à la tête de notre pays des fascistes. Des vrais.

D’ailleurs, dans l’entre-deux tours, elle ne s’est pas gênée pour placer un révisionniste à la tête de son parti chéri Le Front National. (4)

 

Elle s’adresse à ceux qui ne croisent qu’un noir dans une année, qu’un arabe dans leur vie, en leur agitant le foulard de l’islamiste radical qui sonne à leur porte, cet arabe qui crie « allah akbar » et menacerait nos moindres villages.

 

Si j’écris ces lignes, c’est que j’avais accepté l’idée de revivre un 21 avril 2002, mais pas celle de voir le FN arriver aux portes du pouvoir sans déclencher d’émotion. A l’époque, nous avions l’excuse de la surprise, de l’indignation inattendue. Un peu comme les américains incapables de rattraper l’élection de Trump en un tour. Cela fait maintenant des années que l’on nous annonce Marine au 2nd tour. Que l’on nous bassine de la dédiabolisation. Si je me mettais à compter, je pense que je trouverai rapidement 150 exemples de plateaux télé avec Phillipot nous envoyant la même rengaine sur l’Europe, l’immigration et l’euro. De vrais politiques classiques comme on en veut plus. Des disques rayés qui parfois changent d’avis (peine de mort, IVG ou Mariage pour tous).

 

Nous pouvons encore l’éviter, si chaque bienveillant de ce pays va voter le 7 mai. Pas par dépit, ni par défaut, mais au moins par résistance.

 

Et les « Si Marine passe, je me casse » me laissent un peu sceptique. Par le passé, heureusement que les mouvements de résistance n’ont pas eu ce genre de discours.

En ce qui me concerne si Marine passe, je reste bien en place, et ouvrirai plus que jamais les yeux et ma bouche. Je ferai en sorte que mon pays soit le moins balafré possible par son passage. Il faudra bosser pour la bonne cause. Et chacun peut agir dans ce sens, en tant que citoyen, en s’investissant dans une association, en relayant les médias sérieux, en payant pour une presse libre et indépendante.

 

Bon vote. Vive la France. Barrons la route de l’Elysée au FN, qui salit chaque jour notre drapeau. Ses militants doivent se sentir seuls, minoritaires, et on doit finir, à terme, par les éteindre. Ses électeurs iront, alors, voir ailleurs.

 

Soyons fiers de notre pays, de nos valeurs et notre devise tant oubliée : Liberté, égalité, fraternité.



 

(1) http://www.sosmediterranee.fr/journal-de-bord/face-aux-critiques-de-frontex-notre-devoir-est-de-continuer-a-sauver-des-vies

 

(2) http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/bientot-250-millions-de-refugies-climatiques-dans-le-monde_1717951.html

(3) http://www.lematin.ch/monde/peine-9-ans-tentent-suicider/story/19692338

 

(4) http://www.arretsurimages.net/breves/2017-04-25/Le-nouveau-president-du-FN-aurait-accredite-des-theses-negationnistes-id20583





 

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