L'immense Michel Serrault nous quitte
« Je n'ai plus peur de la mort depuis que j'ai appris que je ne serai pas le premier à passer par là. » : voici ce que déclarait Michel
Serrault.
L’acteur est décédé la nuit dernière à l‘âge de 79 ans dans sa
résidence secondaire d’Honfleur.
Après Jean-Pierre Cassel, Jean-Claude Brialy et Philippe Noiret,
le cinéma français perd encore cette année une de ses plus grandes figures.
« Pars vite et reviens tard » aura été l’un des derniers film de Michel Serrault sorti en 2006.
Il aura laissé son emprunte dans 135 films et des pièces de théâtre comme « la cage aux folles » qui devint par la suite au cinéma
le 2e succès aux Etats-Unis pour un film en VO.
Il aura tourné avec les plus grands, Clouzot, Chabrol, Mocky, Lautner, Audiard, Blier, Zidi ou Kassovitz.
Avec trois Cesar pour « la Cage aux folles », « Garde à vue » et « Nelly et Monsieur Arnaud, on gardera l’image d’un
comédien qui fait passer avec facilité du rire aux larmes, un véritable trublion des cérémonies et émissions télé, avec l’art de ne jamais rentrer dans la vulgarité.
Cet homme au physique de monsieur-tout-le-monde et au caractère fougueux, cabotin, provocateur, franc et chaleureux répétait que le principal
souci dans son métier était de ne pas ennuyer le spectateur.
Le public n’a longtemps attendu de lui qu’une seule chose: qu’il fasse rire. Mais, comme tous les clowns qu’il prenait d’ailleurs pour
modèles, Michel Serrault était dans le fond assez triste. Il se définissait comme «l’âme de Chaplin sur un corps d’apothicaire».
Né le 24 janvier 1928 à Brunoy (aujourd’hui Essonne, ex Seine-et-Oise) dans une famille modeste et chrétienne, il entre à 14 ans au petit
séminaire. Hésitant entre devenir curé ou clown, il choisit finalement le monde du spectacle.
Il fréquente dès 1949 la fameuse troupe des «Branquignols» de Robert Dhéry et apparaît pour la première fois au cinéma en 1954 dans «Ah! les
belles bacchantes!» de Jean Loubignac. Avec son complice et ami Jean Poiret (mort en 1992), il monte un fameux numéro de cabaret qui fait les beaux soirs de l’Alhambra, de Bobino ou de
l’Olympia.
Puis, pendant vingt ans, Michel Serrault accumule les rôles plus qu’il ne les choisit véritablement. Les navets, il les appellait «mes
exercices de style». «Mes auditions, poursuivait-il, je les ai passées à l’écran».
source : libération
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